VOTRE FILLE SERA BONNE A PEKIN (totalité du texte)

                  VOTRE FILLE SERA BONNE A PEKIN

 

                                         Petit essai de cours d'économie à l'attention

                                                                       de

                                                   mes anciens collègues enseignants

 

Mon père a encore en mémoire les discours entendus à la laïque, dans ce pays de chouans où défendre l’idéal républicain est un combat de tous les jours et où l’instituteur, en blouse devenue grise était encore un hussard noir de la République : une histoire revue et corrigée par Michelet, où à chaque période les héros du peuple qui n’est pas encore le Tiers –État travaillaient à construire la France suppléant ainsi l’incurie des nobles et des curés. C’était Bernard Palissy brûlant ses meubles pour inventer la céramique, Jeanne Hachette repoussant les assaillants ou encore Barra, sorte de Gavroche révolutionnaire donnant sa vie pour la liberté. Autant de figures qui sans doute, comme aurait dit un certain , n’ont été que des détails de l’Histoire mais dont le rôle était porté en épingle comme pour montrer que la France et la République qui lui est consubstantielle s’était faite sans les rois, contre les rois et même déjà au temps des rois.

On peut penser ce que l’on veut de ce qui est parfois plus proche de la propagande que de la vérité historique : il n’empêche : on ne peut nier que ce discours est celui accompagne les progrès des Lumières, de la Raison et de la Civilisation et le progrès économique et social qui leurs sont liés.

 

Cinquante ans plus tard, mes propres enfants, usant de leurs pantalons les bancs de la même école se sont fait laver les oreilles avec l’Amazonie, poumon vert de l’Humanité, les menaces que fait courir à l’homme la chasse aux baleines et autres « balivertes » du même acabit !

Entre temps, il est vrai, les hussards ont perdu beaucoup de leurs plumes : qu’y a –t-il, il est vrai, de comparable entre l’instituteur de la troisième République qui apporte le savoir et les moyens de l’ascension sociale et celui d’aujourd’hui souvent déclassé économiquement et socialement. Quand j’étais élève au lycée, on comptait nombre de professeurs dont l’épouse était au foyer et qui pouvaient même se permettre d’emmener leur famille au restaurant le dimanche. Ces gens là éduquaient l’élite, étaient reconnus par l’élite et appartenaient à l’élite.

Vingt ans plus tard, devenu enseignant dans le même lycée, j’ai pu entendre une collègue, femme de dentiste, dire que les hommes enseignants n’étaient que des ratés, non pas parce qu’ils n’avaient pas de rollex , mais parce que ce travail était un job d’appoint pour femme de banquier ou de médecin ne voulant pas s’ennuyer à la maison. On a le statut social de ce que l’on produit : quand 60% d’une génération a le bac (ou ce qui en tient lieu), l’enseignement devient une activité aussi banalisée que l’achat de couches –culottes ou d’un pack de bière au super-marché. La réussite scolaire des enfants relève , aux yeux des parents d’une obligation de résultat à la charge des enseignants.

 

Ce monde aurait pu mettre à profit son positionnement social ( l’enseignant , sauf à être chahuté a un pouvoir considérable tant ce qu’il dit est difficile à contester de la part des élèves). Mais dans le même temps, l’enseignant, qui n’a jamais, au fond quitté les bancs de l’école a cette propension a croire que le monde extérieur est façonnable à souhait.

 

Waldeck Rousseau, dans le droit fil de la pensée du cardinal de Retz disait que « gouverner, c’est choisir entre deux inconvénients ». L’enseignant , lui, n’a pas à gouverner au sens où il devrait , au niveau de sa classe, tenir compte d’intérets différents voire contradictoires . L’intérêt des élèves , c’est de réussir et la réussite se mesure à l’aune des notes obtenues notes qui sont attribuées par le maître. Le fait pour un bon enseignant , d’être écouté et apprécié plutôt que craint et encore plus que chahuté n’a rien à voir avec l’exercice quotidien auquel doivent se livrer ceux qui sont en charge du pouvoir politique. Une décision, quelle que soit sa forme , est toujours un compromis entre intérèts différents. Comparée à la solution d’un problème de mathématiques ou à la rédaction d’une belle dissertation de philosophie, elle est toujours boiteuse comme le sont d’ailleurs tous les choix que Mr Dupont doit faire dans sa vie quotidienne.

 

Vivant dans un monde idéal, où son pouvoir a par ailleurs peu de limites, l’enseignant peut rapidement perdre contact avec la réalité et se convaincre que , puisque tout est possible, les freins qui sont mis à ce possible , sont tout simplement inadmissibles. L’institution scolaire et universitaire doit voir verser à son crédit l’amélioration indéniable du niveau scolaire de plus de la moitié de la population qui lui a été confiée. En revanche, elle a échoué , pour des raisons qui sont loin de lui être nécessairement imputables sur la partie la moins « fertile » de cette population- les dix ou 15 % qui sortent du système scolaire en situation d’échec.

Or qu’a-t-on entendu et que continue-t-on à entendre : que si échec il y a , c’est parce qu’il faudrait plus de moyens : c’est un peu une mise en application inversée des principes chers à Diafoirus : le malade était il plus malade qu’il fallait augmenter les saignées. Ici , voit on des pans de classe connaître l’échec qu’il faudrait accroître le nombre d’enseignants !!!

Cette position que l’on peut qualifier de politiquement correcte des syndicats va d’ailleurs de pair avec un discours individuel beaucoup plus réactionnaire, consistant à dire qu’il faudra toujours des balayeurs, qu’on ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif et que les enseignants, mal payés ne devraient pas être en plus astreints à ?œuvrer à l’impossible avec de telles populations !

 

Le monde enseignant est très peu sensible à la réalité économique. L’éducation est perçue comme un bien noble qui n’a pas de prix.et il faut entendre sous ce vocable l’ensemble de l’éducation car on ne saurait, à l’intérieur de cette dernière des choses plus utiles que d’autres. Ceci permet, au passage d’envoyer certains élèves au massacre dans certaines filières où les débouchés sont inexistants , ce qu’il faut bien se garder de dire car il y a des enseignants à qui il faut donner du travail !!

Porter contradiction à ce type d’argumentation provoque généralement d’ailleurs une réplique toute idéologique. La condamnation de l’économie capitaliste qui ne va pas sans le haut de forme et le cigare de la caricature n’est pas loin.

 

En revanche, si on peut facilement convenir que le capitalisme, surtout depuis que l’URSS a disparu, s’est déchaîné pour atteindre un degré rarement égalé de nuisibilité sociale, il faudrait quand même admettre que toute forme d’économie , quelque soit sa gouvernance pour utiliser un terme à la mode-est astreinte à une règle fondamentale et incontournable qui est celle de la rareté : c’est même pour cela qu’il existe une soit disant science économique !

 

Or ce raisonnement semble assez étranger à une grande partie du monde enseignant : non qu’il pense que les gigots poussent au bout des gentianes dans la ferme de José Bové mais parce que règne volontiers dans ce milieu une sorte de keynésianisme de supérette selon lequel, il suffit d’injecter de la demande dans la grande bouilloire économique pour que tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes. On ne voit guère la différence entre l’argent qui est la contrepartie d’une activité économique réelle et celui qui est versé par l’État et qui est la contrepartie de l’impôt, donc d’un prélèvement. Sans doute l’enseignant , comme tous les fonctionnaires payés grâce à l’impôt, a –t-il bien du mal à admettre que ce qu’il produit ne peut l’être que parce que d’autres (dont lui même d’ailleurs ) paient l’impôt. Il n’empêche : on est facilement dans ce milieu, sensible au syndrome de la « vitre cassée » qu’évoquait Frédéric Bastiat au 19 eme siècle : qu’importe la cause de l’activité économique pourvu que cela fasse « marcher le commerce »

 

En quoi cela est il, au fond, problématique ? Après tout, il existe une information économique largement disponible et ce n’est peut être pas aux enseignants de français ou de sciences physiques de se charger de cette tâche.

Oui , sauf que, comme on l’a vu , il n’est pas inintéressant de constater que le monde enseignant a une influence considérable sur une fraction de la population qui est au surplus, jugée , à tort ou à raison , comme la plus malléable. Ce n’est quand même pas un hasard si les Hussards noirs ont été le fer de lance de la pénétration des idées républicaines contre l’obscurantisme clérical. Au surplus, on l’a vu , le pouvoir de l’enseignant est considérable. Jeune enseignant en économie , j’ai quand même vu un collègue maoïste faire acheter par la bibliothèque de l’établissement le manuel d’économie soviétique datant de 1936 et estampillé Staline, c’est à dire un tissu d’âneries et de propagande indéfinissable ! Personne, au nom de la liberté pédagogique n’y a trouvé à redire !!! Pourquoi empêcherait on ensuite un enseignant d’expliquer que Nicolas Hulot est le plus grand savant qu’ait connu l’Humanité depuis Einstein ? On a bien des écoles qui portent le nom d’Albert Jacquard, sans doute plus occupé aujourd’hui par ses fonctions de prédicateur en apocalypse que par de réels travaux scientifiques !

 

Au train où vont les choses , il y a quelque forte probabilité que vos petits-enfants ou même si vous êtes plus jeunes vos enfants soient femme de ménage à Pékin ou serveurs à New Delhi .

Les raisons qui me conduisent à ce diagnostic seront développées dans les chapitres suivants. Il est clair que les éléments qui y conduisent : mondialisation et désindustrialisation , installation de l’Europe dans une ère de stagnation économique et bientôt de sous-développement durable , émergence d’une dette dont le paiement exigera le démantèlement des garanties et protections liées à l’État Providence ne sont pas le fait des enseignants auxquels est destiné , en priorité, cet article. Il est même probable qu’ils puissent être des observateurs très critiques de ces évolutions.

En revanche faut il souligner que, comme si les éléments précités ne suffisaient pas à nous précipiter dans le mur, nos sociétés ont , au surplus trouvé les moyens d’accélérer et aggraver cette marche vers le sous-développement. Entre les grandes peurs écologiques et l’agitation sous tout prétexte du principe de précaution, entre les normes sécuritaires et sanitaires et l’application du politiquement correct qui fait que nous faisions comme si nous étions riches alors que nous n’avons déjà plus les moyens de payer , il est probable que nous nous dirigions certainement vers le futur que nous nous sommes mis à désirer, un futur où nous vivrons immortels et en harmonie avec Mère Nature mais ruinés…

 

La lutte contre la mondialisation ou plutôt ses excès a ses adeptes : il n’est pas dit qu’ils vaincront mais, à tout le moins, l’ennemi est clairement désigné.

Beaucoup plus pernicieux est le second ennemi, sorte de sixième colonne qui , le plus souvent revêtu d’un visage attrayant est en train de gangrener nos économies et notre système social. Il s’appelle Nicolas Hulot ou Al Gore mais peut très bien prendre le visage de Madame Bachelot . Il a pris ses quartiers dans la Commission européenne et dans la nébuleuse onusienne mais aussi dans les endroits les plus improbables : Qui aurait cru que le ministère de l’Équipement, dont le nom est indiscutablement associé à la modernisation de notre pays serait termité par le délire du Grenelle. Qui aurait cru que Melenchon soit devenu suffisamment schizophrène pour se faire d’un côté le chantre de la défense du pouvoir d’achat pour ensuite thermonucléariser son propos par une soumission aux délires apocalyptiques de l’intégrisme vert ?

 

Que les choses soient claires : il n’est pas question , dans ce qui va suivre d’exonérer le capitalisme de sa responsabilité mais de même que le mildiou ne saurait être responsable d’une absence de récolte de pommes de terre que l’on n’a pas plantées, le capitalisme ne peut être, dans la ruine qui nous attend, tenu pour responsable que dans la limite de son mode de fonctionnement. D’ailleurs, il a sa logique : comme son nom l’indique il vise à faire tourner l’économie pour le plus grand bien des détenteurs de capital. Le système soviétique avait aussi le sienne dont le résultat était un certain égalitarisme dans l’accès aux biens accompagné , il est vrai, d’une extrême rareté de ces biens mais aussi du fait qu’on ne risquait guère de connaître le chômage.

 

En revanche, lorsque le législateur édicte des règles frappées au coin de la bien-pensance pour assurer l’accès aux handicapés dans tous les lieux de France et de Navarre, que ces règles conduisent des propriétaires d’établissements commerciaux à les fermer car ils ne pourront jamais rentabiliser les nécessaires investissements , ceci entraîne une destruction de richesses et du chômage et contribue à la croissance négative chère à cette pièce montée qu’est madame Lagarde , mais le capitalisme n’est dans cette affaire responsable de rien. Tout au plus peut on l’accuser de ne pas avoir créé la richesse qui aurait permis de financer ces dépenses absolument nécessaires ( la défense des handicapés est une noble cause mais celle des chômeurs ne l’est pas moins-reste donc à savoir s’il est plus efficace de défendre la première que la seconde !)

 

Dans ce qui va suivre , je tenterai d’expliquer que, selon toute probabilité, la ruine de notre appareil économique qui est en route et aisément observable fera que nos petits enfants trouveront plus avantageux d’aller faire le ménage à Pékin plutôt que de travailler pour un SMIC réduit à la portion congrue (si Coppé et Cie ne l’ont pas déjà envoyé au fonds des toilettes) tant sera grand le nombre de riches chinois.

Mais ceux qui pensent aujourd’hui que le capitalisme est le seul responsable de ce destin apocalyptique se trompent. Pendant que le capitalisme nous gangrène la jambe il est un cancer qui a métastasé nos société et complète le travail de destruction . Hulot, Gore et Bovesont aussi dangereux que Maddof ou les patrons des fonds de pension.

 

C’est pourquoi je vais essayer de montrer que bien avant toute question sur son organisation (capitaliste, planifiée, de marché …) l’économie a quelques règles simples qui s’appliquent en tous temps et tous lieux . Ces règles tiennent à l’essence même de ce qu’est l’économie c’est à dire la gestion et la réduction de la rareté . Les méconnaître ne peut conduire qu’à la désillusion. Les faire connaître est aussi un devoir pour ceux à qui revient cette noble mission de former et d’informer les autres.

 

 

 

 

 

 

AU CARREFOUR DE TOUT : LA PRODUCTIVITE

 

Il suffirait que nous soyons dans le monde d'Aladin et de la Lampe merveilleuse pour s'affranchir des règles de l'économie. Puisque le bon génie exauce tout ce qui est demandé, on pourrait recevoir, sans difficultés, tout ce qui est désiré, du séjour au club Med à la retraite à 35 ans et même à une vie sans travail en passant par la Ferrari ou un collier en diamants. Les histoires racontées aux enfants étant toujours morales, on ne sait cependant pas si le bon génie fournirait sans sourciller une cartouche de Marlboro ou un bon gratuit pour aller aux putes...

Mais le monde est cruel et Aladin et sa lampe n'existent que dans les rêves. L'Histoire de l'Humanité est plus proche du cauchemar.

 

 

Notre ancêtre supposé, Cro-Magnon vit en petites troupes, du moins si l'on en croit le portrait qu'en fait Kubrick dans la Guerre du Feu. Pour survivre, il a besoin de quelques dizaines de kilomètres carrés, c'est à dire d'un espace suffisant pour se procurer, aux risques de sa vie, ce que la chasse, la pêche ou la cueillette voudront bien lui permettre d'arracher à Mère Nature.

On estime qu'à cinquante ans au mieux, sa vie se termine car entre les privations, les infirmités liées aux blessures diverses et variées, il doit s'avouer heureux ( ?) s'il a pu vivre jusque là.

Les technologies à sa disposition sont des plus rudimentaires ; des pieux, des lances, des couteaux, des flèches pour que le combat soit moins inégal contre les bêtes sauvages. Chaque jour que Dieu commet est le temps d'un combat incertain pour la survie : que les gibier fasse défaut et c'est la famine qui va condamner d'abord les plus faibles , puis ensuite les autres s'ils n'ont pas trouvé un territoire plus giboyeux et , vraisemblablement, pu en déloger ses occupants....

 

Quelques milliers d'années plus tard, Caius Brutus se prépare à une orgie au cours de laquelle il va dévorer quelques centaines d’huître et de la viande à gogo, bien arrosée de vins divers et variés. Si notre Romain peut se permettre de se repaître ainsi , ce n'est pas parce que Jupiter a soudain exhaussé ses vœux de gourmandise mais tout simplement parce que des milliers d'esclaves ou de journaliers, offrent leur vie de misère pour la satisfaction d'une petite minorité de patriciens et leurs affidés. Aristote en convenait : c'est l'esclavage qui permet à Socrate, Platon , Thucydide , Cicéron et quelques autres aristocrates de pouvoir se consacrer aux belles lettres plutôt qu'au travail des champs. La productivité (rapport entre ce que l'homme produit et le travail qu'il y consacre) et les rendements se sont accrus parce que l'on sait cultiver la terre avec l'araire et fabriquer des filets qui permettront de capturer des poissons, que l'on sait élever des animaux domestiques qui donneront lait , viandes et fromages....Pour cela , la guerre est, à cette époque, un peu le pétrolier des temps modernes. Comme ce dernier permet de ramener le liquide qui fera fonctionner nos machines, elle permet de drainer les esclaves dont le travail fera vivre les maîtres.

 

A l'époque du Roi Soleil, les choses ont bien peu évolué : il n'y a plus d'esclaves mais des paysans dont le sort est à peine plus enviable. 80 % de la population travaille dans l'agriculture car, eu égard à la faiblesse des rendements et de la productivité, c'est la population qui est nécessaire pour se nourrir et nourrir les 20% restants, c'est à dire non seulement les parasites que constituent la noblesse et le clergé mais aussi les habitants des villes et des bourgs qui fabriquent les outils nécessaires à la vie économique et sociale et se livrent aux activités commerciales, lesquelles permettent de mettre à disposition de certains territoires et population ce qui leur manque en les acquérant auprès de ceux qui en ont en excédent. Tout cet équilibre est précaire : il suffit d'un mauvais hiver comme en connaît beaucoup cette période ou d'une sécheresse pour que tout tourne à la catastrophe et que se remplissent les cimetières. La marge de manœuvre est faible et la mort et la misère n'attendent que l'occasion de pointer leur nez.

 

 

Résumons tout cela : 80% de la population doit travailler dans l'agriculture pour espérer se nourrir et nourrir le reste. Cela veut dire en particulier que si en ce temps la, il n'y a pas d'école obligatoire et pas ou peu d'instituteurs, ce n'est pas parce que le pays n'en ressentirait pas le besoin mais tout simplement parce que ce qui deviendra possible dans la France de 1882 qui a déjà vu passer la révolution industrielle, ne l'est pas encore à cette époque. Ferry n'est pas plus altruiste que Colbert mais pour ce dernier, la question ne se pose même pas : comme disait Marx, l'Humanité ne se propose jamais que les tâches qu'elle peut entreprendre et, à l'époque, cela n'en fait pas partie : c'est tout simplement sans doute inimaginable et d'ailleurs l'état des technologies fait que l'analphabétisme dominant ne doit pas être un drame : Ne parlons évidemment pas des chargés de communication, sociologues, services d'aide à domicile et autres bobos de tous poils : encore une fois, si tout cela n'existe pas, c'est parce que , même avant d'en imaginer le contenu , il faudrait en imaginer l'existence et que c'est, au regard des conditions objectives de productivité et de rendement , tout simplement impossible : les hommes ont plus urgent à faire !

 

Dans les années cinquante, en France, 25 % de la population active travaille encore dans l'agriculture et ce n'est pas suffisant pour nourrir toute la population puisque le pays est importateur de produits agricoles. Aujourd'hui, cette proportion a été réduite à 1,6 % et le pays est exportateur net. Entre temps, entre 1950 et le milieu des années 70 cette population , qui compte un nombre très important d'ouvriers agricoles misérables s'est déversée dans l'industrie puis dans le tertiaire. La création d'un salaire minimum agricole en 1970 sonne le glas de la présence de cette main d’œuvre agricole hors les zones de grandes exploitations du Bassin Parisien. C'est aussi ce qui explique les taux de croissance des trente glorieuses dans la mesure où ces gens passent d'un secteur à productivité assez faible à un autre où la productivité est, au contraire, très forte. C'est le même phénomène que connaît aujourd'hui la Chine.

 

Que résulte-t-il de ce vaste mouvement d'accroissement de la productivité et des rendements ? Chaque fois que le phénomène se produit, cela signifie que les hommes produisent plus avec les mêmes moyens.

Ce qui est produit en plus grande quantité avec les mêmes moyens coûte moins cher. Alors qu'il fallait, dit on le prix d'un troupeau pour s'acheter une bible quand les moines du Moyen -âge devaient les produire à la main, l'invention de l'imprimerie fait chuter le prix des livres. Plus récemment, le prix d'un ordinateur portable (et son poids) seraient astronomiques si on avait la même technologie qu'en 1980, époque où la mémoire des premiers appareils était dérisoire par rapport à celui simple d'une clé USB..

L'entreprise qui accroît sa productivité peut aussi accroître les salaires de ses employés ou ses profits, généralement les deux.

Dans le cas précédent l'accroissement de la productivité profite aux consommateurs via les baisses de prix, dans le second aux producteurs, via l'accroissement des revenus.

Tout cela explique que , dans le même temps où la population employée dans l'agriculture a fondu, la part des revenus que les ménages doivent consacrer à leur nourriture a diminué dans des proportions considérables. Si on ne consacre plus que 15% à cette fonction aujourd'hui , ce n'est pas parce que l'on mange moins (on mange sans doute autant et surtout mieux) mais parce que les prix de la nourriture ont baissé en termes réels : en clair il faut travailler moins longtemps pour acheter une douzaine d’œufs ou un kilo de bœuf.

 

C'est d'ailleurs ce qui a permis aux hommes d'élargir leur consommation. Si le club méditerranée n'existait pas il y a un siècle , c'est peut être parce que l'avion n'existait pas , c'est surtout parce qu'il n'y aurait pas eu de clientèle , faute de revenus , pour acheter ce type de loisirs

 

On voit d'ailleurs immédiatement à quel point de tels progrès sont fragiles : que demain les pommes ne soient plus traitées contre les vers et la tavelure parce que quelque bobo imbécile de la Commission européenne ou JL Borloo, persuadé que l'odeur du Whisky suffit à éloigner les insectes en auront décidé ainsi et 90 % des pommes seront infectées. Il restera donc à choisir entre le fait de ne manger que les pommes saines en en payant le kilo dix fois plus cher ou de trier les vers et les parties malades ce qui nécessitera sans doute quelques stages de rééducation pour nos chers bobos verts , persuadés que les fruits produits par Mère Nature sont toujours aussi beau qu'ils pouvaient l'être dans le jardin du Bon Dieu.

 

Mais il est une autre conséquence de l'accroissement de la productivité et des rendements qui est moins apparents pour le commun des mortels. L'une des redistributions possibles des gains de productivité est la baisse du temps de travail. Puisque l'on produit plus dans le même temps, on peut ainsi faire le choix de travailler moins longtemps quitte à produire moins qu'on ne pourrait le faire si on travaillait autant.

 

C'est ainsi que la journée de travail qui pouvait atteindre 14 heures voire plus au temps où Zola écrivait Germinal a été ramenée à 8 heures et parfois à moins. Au début des années 70, on travaille encore le samedi et six jours sur sept quand on est salarié. Ce n'est qu'en 1936 que les mêmes salariés obtiennent les premiers congés payés (deux semaines à l'époque). Quant à la retraite, à soixante ans ou plus, elle n'existe que dans les pays les plus développés, parce qu'ils sont les seuls à avoir dégagé des gains de productivité qui soient suffisants pour entretenir la partie de la population la plus âgée pendant qu'elle ne travaille plus.

 

 

Arrêtons nous maintenant là pour faire justice de deux escroqueries proférées de plus en plus allègrement par certains conservateurs qui ne contiennent plus leur arrogance avec , il est vrai, la complicité active des médias et par les âneries proférées par des gens plutôt classés à gauche et que leur bêtise n'étouffe plus.

 

On entend et on répète comme une vérité d'évidence que , l'espérance de vie augmentant, l'âge de la retraite doit lui aussi augmenter. Notons, au passage, que rien n'indique, contrairement à ce qu'affirment de manière péremptoire de prétendus spécialistes ou des crétins intronisés comme tels par les médias, que cet allongement doive se poursuivre : l'espérance de vie est calculée sur la mortalité observée de gens qui ont connu de grandes privations et ne suivaient pas tous les jours les conseils de ce bon Mr Evin ! Mais revenons un instant à la lampe d'Aladin : avec le bon génie, le fait que la retraite soit à 60, 40 ou même 20 ans importe peu : on n'a d'ailleurs même pas besoin de travailler. Avec un taux de croissance de 10 % de leur PIB par an, les Chinois sont bien moins lotis mais ils pourraient décider de couper la poire en deux et de n'en redistribuer que la moitié aux salariés (qui seraient quand même bien mieux lotis que les nôtres) pour constituer un régime de retraite. A l'époque des Trente Glorieuses , on avait 5% de taux de croissance l'an mais avec une part des actifs qui n'était pas si nombreuse car correspondant aux générations peu nombreuses nées avant la seconde guerre mondiale tandis que la part des jeunes nés du Baby boom était importante : le financement des retraites n'a pas, que l'on sache , posé de problème puisque l'adoption de la retraite à 60 ans a été adopté il y a près de 30 ans !!!

La question n'est donc pas celle de l'âge de la retraite mais celle de son financement et celle de son financement ne résulte pas d'un bête ratio arithmétique qui ferait qu'au delà d'une certaine limite on se heurterait à une impossibilité incontournable. Elle est celle de l'acceptabilité, par les actifs , de l'effort qui leur est demandé. Dire que les actifs peuvent accepter un prélèvement de 20% mais pas de 22 % n'a ni queue ni tête. En revanche un accroissement du taux de prélèvement est d'autant plus acceptable qu'il existe par ailleurs un taux de croissance du PIB qui garantisse une progression du revenu réel des individus. En clair quand la croissance est à 5% on peut toujours lâcher 2 % pour les retraités car il en reste encore 3. Quand la croissance est de 1% , tout accroissement du prélèvement au profit des inactifs ne peut que se traduire par une amputation du revenu des actifs et ce d'autant plus aisément qu'une croissance de 1 % est généralement la résultante d'une crise qui nécessite par ailleurs des coupes sombres dans les dépenses de l’État et un accroissement des prélèvements fiscaux. En clair, non seulement l’État ou les collectivités vous font les poches pour boucher les trous qui se multiplient mais il faudrait encore payer pour les vieux !!!!Intolérable !

Le problème du financement des retraites n'est donc pas, comme on le voit, un problème d'âge mais de taux de croissance. Et il est double :

1 . s'il en est ainsi , aucun recul de l'âge de la retraite ne réglera le problème car le diagnostic posé est celui d'un appauvrissement du pays : il y aura de plus en plus de trous à boucher et il faudra plonger les mains de plus en plus profondément dans les poches des contribuables, rendant ainsi de plus en plus intolérable l'idée même de redistribution.

 

2 Les ânes ou les canailles qui nous gouvernent (on hésite entre le désir du coup de trique et la commisération) ne savent comment rivaliser pour casser les reins à la croissance. Entre la mondialisation bénite par Mrs Lamy, Trichet et Cie , laquelle détruit notre tissu économique en remplaçant les emplois industriels par des services à la personne payés par le contribuable et le défilé de normes environnementales, sanitaires ou sécuritaires qui découragent toute initiative et rendent les projets non rentables, c'est une avalanche de faire-part de décès qui pleut sur l'économie et la société.

 

La seconde perle est celle que vient de proférer le maire d’Évry, Manuel Vals dont on se demande d'ailleurs pourquoi, il n'est pas déjà allé faire des courbettes à Sarkozy pour récupérer la serpillière dont Bockel eut, pour un certain temps, la jouissance. Le prix de la trahison doit quand même être proportionné à la qualité du traître , laquelle, dans ces deux cas n'est manifestement même pas digne d'un vide-grenier dans le 9,3.

Nul besoin de s'étendre sur l'incompétence économique de Vals. Quand l'ignorance le dispute à la bêtise, la fin de la récréation doit être sifflée avant qu'elle ne commence. Quand Sarkozy a dit « travailler plus pour gagner plus, tout le monde a rapidement compris que ne maîtrisant pas le subjonctif, il avait voulu dire : »travailler plus pour que je gagne plus ». Dans le cas du pitoyable Vals, pas d'excuses : remplacer des heures supplémentaires payées par des heures normales ne peut augmenter le pouvoir d'achat que de ceux qui n'ont jamais passé le cap du cours élémentaire !

 

Mais Vals ne vaut guère la peine qu'on s'attarde sur sa bêtise : au delà, il y a une erreur majeure de raisonnement économique. Tout le mouvement historique, depuis que l'homme a commencé à transformer son environnement économique va dans le sens d'une réduction de la quantité globale de travail, laquelle a profité d'abord aux classes dominantes (patriciens romains, nobles et clergé sous l'ancien régime) puis, avec les progrès de la « sociale » à l'ensemble des travailleurs. Non seulement l'allongement de la durée du travail est autant la manifestation que l'aveu d'une régression sociale (ce dont le parti socialiste ne s'est pas encore affirmé le héraut-mais ce n'est peut être que partie remise) mais de plus cela n'a que très peu de chance de se traduire par de la croissance et du pouvoir d'achat.

Quand nous sommes effectivement dans une phase de croissance économique, toute adjonction de travail se traduit effectivement par de la croissance : on l'a bien vu pendant les Trente Glorieuses.

Quand on est, au contraire, en situation de stagnation ou de régression, il n'y a aucune chance que cela se produise. Si les entreprises avaient besoin d'heures supplémentaires elles pourraient toujours les trouver en les payant où en faisant appel aux chômeurs. Ce n'est pas le cas : ce n'est pas en ouvrant les magasins plus longtemps que l'on vendra plus : on étalera les ventes ! Et chacun sait que nombre d'entreprises ont su habilement tirer partie des Trente cinq heures en rendant aux salariés des heures qui, compte-tenu de l'état des commandes n'auraient de toute manière pas été travaillées. La flexibilité a été souvent le prix à payer par les salariés pour les 35 heures.

 

Laissons donc tomber l'ineffable Vals : une seule conclusion s'impose ou en tout cas devrait s'imposer pour tous les candidats qui promettent à l'électeur du pouvoir d'achat : pour produire du pouvoir d'achat il faut de la croissance. Dans une économie qui n'a plus de nouveaux territoires à exploiter, cette croissance ne peut être extensive mais intensive, c'est à dire résulter d'une augmentation de la productivité.

On verra dans les prochains chapitres comment la plupart des orientations retenues par la quasi-totalité des acteurs politiques ne peut aller dans ce sens , pourquoi c'est l'appauvrissement et le sous-développement qui nous menacent et pourquoi votre petite fille sera bonne à Pékin

 

 

 

 

 

 

TERRIBLE ET IMPOSSIBLE DECROISSANCE

 

N’en déplaise à Cochet et à ses sinistres comparses, la décroissance joyeuse n’existe que dans la tête de bobos à la cervelle d’oiseau.

 

On sait que l'on ne remonte pas le temps sauf dans les films. L'économie fonctionne un peu de la même manière. Comme on l'a vu précédemment, l'accroissement de la richesse produite et la diversification des activités qui lui est liée ne se fait pas dans n'importe quel ordre. Il a fallu d'abord se nourrir- c'est la fonction première sans laquelle on ne survit pas- puis s'habiller pour résister au froid et se loger- pour se protéger des intempéries mais aussi des animaux sauvages. Dans la nuit des temps préhistoriques, ces fonctions accaparent tout le temps du groupe et n'assurent pas sa survie à tous coups. Pour se soigner, pour échanger, pour se cultiver, il faudra attendre des progrès technologiques qui , même modestes, permettront à l'aristocratie romaine ou grecque de pouvoir vivre sans trop travailler grâce à des hordes d'esclaves. Ce n'est qu'après les révolutions agricoles et industrielles que les populations travaillant dans ces secteurs vont progressivement diminuer pour permettre la création d'emplois d'instituteurs, d'infirmières ou de services à la personne.

Il ne viendrait normalement pas à l'esprit d'une personne rationnelle qui dispose d'un revenu de commencer par jouer au loto ou de s'acheter une voiture avant de s'assurer qu'une fois qu'elle a acheté de quoi se nourrir, se vêtir et se loger, il lui reste encore de l'argent. Une économie fonctionne de la même manière :si on peut créer des emplois d'aide soignante, de psychologue, d'animateurs télé, c'est parce que l'économie permet de financer ces emplois. On peut, en théorie, ne pas le faire mais dans ce cas il faudra :importer les produits que l'on ne produit pas. Cette situation est peut être viable pour Monaco qui doit pouvoir financer ses importations grâce aux revenus des entreprises qui y trouvent un scandaleux asile. Mais hors ce type d'exception cela n'est pas viable durablement et à grande échelle. Le cas typique est celui des USA qui ont construit une économie de services et se sont désindustrialisés mais accumulent aujourd'hui un important déficit financé par ...les chinois.

Pour reprendre notre exemple précédent, un individu pourrait choisir de jouer au loto et de s'acheter une voiture si papa maman ou l'amant ou la maîtresse apportent de quoi « faire bouillir la marmite » mais il s'expose à voir cette situation remise en cause du jour au lendemain. C'est la même chose pour les américains : ils continuent à consommer mais ce sont les chinois qui ont la clé du garde-manger !

Aussi est il tout simplement stupide de penser que l'on puisse détricoter le maillage construit par la croissance sans dommages

Prenons un exemple : ce pauvre Jancovici, polytechnicien de son état et qui aurait été bien inspiré de continuer à faire des ponts verrait bien , paraît il, une agriculture reconvertie au bio absorber 10% de la population active. Essayons donc d'imaginer le scénario.

Les rendements en blé de l'agriculture biologique sont de l'ordre de moins de 30 qx/hectares, soit trois fois moins que ceux de l'agriculture classique. Les mêmes proportions doivent être observées dans les autres productions sauf à mettre sur le marché des pommes et des carottes vereuses ce qui devrait ne pas manquer d'entraîner une mise en examen des producteurs pour mise en danger de la vie d'autrui.

Avec ces rendements, la production agricole diminue : on est bien en décroissance. Ce n'est pas tout :compte-tenu des techniques culturales il faudra bien multiplier par trois ou quatre la main d’œuvre agricole ; ne serait-ce que pour que des gens puissent sarcler manuellement le mais bio sous un soleil de plomb. Pas facile de trouver les vocations sauf qu'avec les préconisations de Laurent Wauquiez , une bonne baisse du SMIC et un taux de chômage élevé , on finira bien par trouver les bras nécessaires !

La première conséquence est claire: production plus faible et coût du travail plus élevé égalent explosion des prix agricoles. Soit les produits importés se substituent aux produits locaux et l'agriculture est liquidée. Soit nos pitoyables Diafoirus bloquent les frontières pour nous ressusciter la Corée du Nord ou Cuba..

Si les prix explosent, la part que les ménages devront consacrer à leur alimentation va augmenter. Ils devront réduire d'autres postes de dépenses. Pas très important pour Seguela ou Julien Dray : une rolex en moins. Dramatique en revanche pour les plus pauvres : c'est pour cela, on vous l'avait pas dit que le parti socialiste soutient Cochet !!!

Et on imagine ce que le même scénario peut donner, appliqué à d'autres secteurs. Cependant, une conclusion s'impose clairement : une économie riche permettait de financer les emplois parasitaires où s'épanouissent nos bobos : chargés de com, psys et autres sociologues de salon. Dans un tel monde , il se pourrait bien que la plaisanterie coûte trop cher ! On comprend pourquoi Zezette Duflot voulait aller aux Maldives ! Demain , ses vacances, ce sera coucher de soleil sur un champ de betteraves à Brie Comte Robert !!!

 

IMPOSSIBLE ET TERRIBLE DECROISSANCE (2)

 

En fait, inutile de pérégriner dans les arcanes faisandées du cortex de Mr Cochet, il faut partir de ce qui constitue le texte fondateur de cette manière de voir : le Banquet de Thomas Malthus, pasteur écossais qui vivait au 18 eme siècle et avait une conception très personnelle de la charité chrétienne.

 

Celui qui naît dans un monde déjà occupé, s’il ne peut obtenir de quoi subsister de ses parents à qui il est en droit d’en demander, et si la société n’a pas besoin de son travail, n’a pas le moindre droit de prétendre à la plus petite portion de nourriture; et dans le fait il est de trop dans ce monde. Au grand banquet de la nature, il n’y a point de couvert pour lui. La nature lui signifie de s’en aller, et elle ne tardera pas à exécuter son propre commandement, s’il ne parvient pas à intéresser en sa faveur la pitié des convives. S’ils se lèvent et lui font place, bientôt d’autres intrus se présenteront pour demander la même faveur. Dès que la nouvelle se répandra qu’on accorde des secours à tout venant, la salle sera bientôt remplie d’une multitude qui en sollicitera. L’ordre et l’harmonie de la fête seront troublés; l’abondance qui régnait auparavant se changera en disette; et le bonheur des convives sera détruit par le spectacle de la misère et de l’humiliation qui s’offre de toutes parts dans la salle et par les clameurs importunes de ceux qui enragent avec raison de ne point trouver les secours qu’on leur avait fait espérer. Les convives reconnaissent trop tard leur erreur de s’être opposés à l’exécution des ordres stricts que la grande maîtresse de la fête avait donnés contre l’admission de tout intrus; car, voulant que l’abondance régnât parmi tous ses convives, et connaissant l’impossibilité de traiter un nombre illimité d’individus, elle avait, par humanité, refusé d’admettre de nouveaux venus à sa table déjà pleine.”



Ce texte tout imprégné d’altruisme chrétien est assez fantastique car si les zélateurs contemporains le lisaient bien, ils nous épargneraient leurs préchi-préchats imbéciles.



Première remarque : Malthus qui écrit à l’aube de la révolution industrielle s’est complètement trompé . On peut lui trouver des excuses mais on ne peut en trouver à ceux qui, aujourd’hui reprennent ce qui est un tissu d’âneries. On verra tout cela dans un second temps.



Seconde remarque : ce qui adviendrait en cas de décroissance est très clairement annoncé dans ce texte . Les perspectives ne seraient pas joyeuses mais laisseraient le choix entre une dictature violemment inégalitaire et un régime totalitaire.



Examinons d’abord la première hypothèse car elle est celle qui découle le plus directement du texte en même temps qu’elle s’inscrit dans le droit fil d’une gestion de la décroissance et du déclin économique par le système capitaliste.

Malthus annonce la couleur : si les ressources sont limitées il en découlera le plus grand désordre : les « élus » au banquet de la nature verront leur plaisir troublé tandis que les « invités » ou plutôt ceux qui se sont invités ne recevront pas ce pour quoi ils étaient venus. Malthus n’était pas allé jusqu’à prévoir que Mr Besson mettrait tout ce beau monde dans un charter mais on ne peut lui en faire grief.



Transposons à ce qui se passe aujourd’hui :l’absence de croissance économique voire la croissance négative chère à Madame Lagarde font que la part de chacun risque d’être affectée. Qui doit d’abord renoncer à voir augmenter ses revenus et son pouvoir d’achat ? Dans une économie capitaliste de marché , il n’existe pas d’autorité centrale chargée de dire ce qu’est la bonne répartition des sacrifices et de la mettre en Œuvre : le spectacle auquel il nous est donné d’assister est plutôt le suivant : les détenteurs de capital, que la mondialisation a placés en position de force par rapport aux salariés se servent les premiers et même au delà du raisonnable : lorsque les fonds de pension américains prennent le contrôle d’une entreprise et en exigent un exorbitant rendement pour payer des retraites à des cow boys qui n’ont, quant à eux jamais cotisé, mettent en route des plans sociaux qui conduisent aux chômage des milliers de salariés, on est bien dans le droit fil de ce que décrit Malthus : dans un monde où les ressources (la croissance) sont limitées ou réduites par la crise, où certains convives au banquet se servent au surplus très largement, il n’est même pas besoin de penser à ceux qui auraient rejoint le repas sans y avoir été invités : tout simplement, les autres participants vont devoir se serrer la ceinture.



Évidemment , la manière dont se passent les choses est un peu plus compliquée qu’autour d’une banale table de réfectoire où les potaches placés en début de table se remplissent les assiettes alors que ceux qui sont au bout ramassent les miettes. On l’évoquera quelques chapitres plus loin. En revanche, il est clair que ce sont les plus faibles qui paient le prix de la lutte pour la répartition de la richesse une fois celle ci réduite. Ce n’est pas nouveau : à toutes les périodes de l’histoire les moments de pénurie ont été prioritairement supportés par ceux qui n’avaient pas les moyens de se défendre.

Aujourd’hui, la fraction la plus touchée est celle qui est la plus exposée à la mondialisation et subit de plein fouet la désindustrialisation : ceux qui travaillent dans le secteur concurrentiel ouvert aux échanges internationaux comme les salariés de Continental et de Gandrange. Certaines catégories y ont provisoirement échappé grâce à la constitution d’une dette de l’État dont le poids est devenu colossal mais leur tour arrive.



Le comportement de prédation des puissants s’accompagne de deux phénomènes , d’importance inégale mais qui tous deux relèvent d'une violence idéologique et symbolique qui doit permettre que le processus aille à son terme.



  • le rejet de la responsabilité sur les plus faibles et leur culpabilisation : Le fait qu’ils sont au chômage ou qu’ils doivent travailler plus pour gagner moins relève du registre de leur fainéantise ou de leur parasitisme social latent. Le refus du recul de l’âge de la retraite est le signe d’un profond égoïsme vis à vis des générations les plus jeunes. Lors du fameux banquet, Malthus aurait sans doute expliqué aux convives indésirés qu’ils étaient trop gourmands ou trop gros ou encore qu’ils n’avaient qu’à aller chercher ailleurs leur subsistance car ils venaient voler celle de ceux qui l’avaient légitimement méritée. On ne dit pas autre chose aujourd’hui quand on détruit, pan après pan, ce que fut l’État Providence.

Mr Wauquiez en est une parfaite illustration.



  • Il faut y ajouter la morgue à priori incompréhensible parce qu’inutile des nantis du système : les Minc et autres BHL qui crachent leur mépris sur ces irresponsables incapables d’accepter les nécessaires sacrifices, Seguela dégoulinant de bêtise mais qui sait partager avec Julien Dray le goût des Rollex : même en cas de pénurie il est des gens qui savent conserver le bon goût. Faut il ajouter l’insupportable contribution servile de petits journalistes de merde qui, de France Inter à Libération expliquent à ces beaufs qui se plaignent qu’il est quelque part , du côté de Sangate , des étrangers qui voudraient bien travailler mais sont « sans-papiers »



  • Morgue incompréhensible et inutile sans doute, qui reste minoritaire mais qui à elle seule illustre le cheminement de la violence symbolique chère à Bourdieu: non seulement Seguela engraisse sa grosse carcasse, non seulement il le fait quand les autres sont au chômage (ce qui montre, à l'évidence, qu’il est plus futé qu’eux) mais en plus il peut s’offrir cet incomparable plaisir de leur faire la nique !



  • « C’est chié non « comme faisait dire Laurent Gerra à Jack Lang dans un de ses sketchs



Il faut enfin y ajouter la complicité des idiots utiles, ceux a qui devrait être prioritairement réservée la lecture de cet article mais dont l’indéfectible attachement au Panurgisme le plus bêlant fait douter que l’on puisse un jour leur faire entendre raison.



Il existe pourtant pour ces imbéciles incurables une version déjà ancienne de ce que pourrait être cet univers totalitaire et ne necessitant pas de savoir lire : c'est un film et cela s'appelle « Soleil Vert » Cela peut être regardé en famille et n'émet pas trop de Co2



Il faut aussi ajouter que , dans un contexte de décroissance, la société n’est pas spécialement portée à la révolte : sur le pont du Titanic, on ne chante pas l’Internationale mais « Plus près de toi mon Dieu » et, Dieu tardant comme toujours à réaliser des miracles, la tentation est forte, comme dans le Banquet de Malthus de désigner les boucs émissaires dont la présence au festin est illégitime ou les appétits trop gros. La montée du chômage avait conduit à la désignation des étrangers comme les voleurs du pain des nationaux. Nul doute que l’aggravation probable de la situation va conduire à l’élargissement du spectre des coupables : les vieux qui ne travaillent pas et ont des retraites trop conséquentes, les jeunes qui refusent de s’expatrier à Pékin pour être heureux d’y travailler pour 100 euros par mois, les malades qui n’avaient qu’à économiser pour se soigner ou surveiller leur alimentation. La spirale est descendante, chacun se bat pour refiler le mistigri à l’autre mais dans cette bataille il y en a qui comme disait un certain sont plus égaux que d’autres. Minc ou Séguéla dont les revenus doivent venir de Bangalore ou Shenzen autant que de Los Angeles ou Londres sont quand même plus protégés que Gérard Martin , employé chez Valéo : leur « gamelle » est en lieu sûr.



Mais Cochet a déjà sa réplique: non la décroissance ne sera pas cette version capitalisme sauvage et éhontée qui a été évoquée plus haut. Un haut conseil de sages, une sorte de politburo va veiller à ce que le repli des points de PIB se fasse de manière ordonnée et égalitaire : on ne se dit pas de gauche pour rien !

Pour la version attrayante et illustrée, le lecteur est invité à se reporter à la rubrique: « La République de Lucivert » sur ce site.



Pour la version plus austère on peut évidemment envisager que , la nostalgie aidant, on revienne à quelques bonnes méthodes que l’on avait rangées aux placards : celles de l’économie planifiée ( dont il faut quand même rappeler qu’elle avait pour objectif la croissance même si elle était inapte à l’obtenir). Pas besoin de se tourner vers Soleil Vert : le modèle existe , c’est celui de la Corée du Nord !



On imagine volontiers tous les défenseurs de bio-diversité et les chevaliers servants de Gaîa décider du montant et de la nature de la prédation que l’espèce humaine (qui n’est qu’une espèce parmi les autres comme les ratons laveurs sans papiers , les hannetons pince-fesses et les coquecigrues) a l’autorisation de prélever sur le dos de Gaïa et la répartition qui devrait être faite de ce prélèvement. Il faudrait se dépêcher de modifier les règles de la comptabilité nationale pour faire entrer comme partie intégrante de notre revenu le bien-être des animaux ou le sauvetage d’une araignée à pédales évidemment menacée de disparition. L’avortement serait fraternellement conseillé par Big Brother pour éviter qu’il n’y ait trop de convives au banquet de la Nature. Bref, ceux qui croient encore au réchauffement climatique devraient être rassurés : le monde imaginé par ces cinglés donne tout simplement froid dans le dos comme le coup de pioche grâce auquel les Khmers rouges envoyaient leurs victimes au trépas.



Mais revenons à Malthus : pourquoi cette décroissance ?

De Malthus au Club de Rome en 1970 , le motif est, au fond, toujours le même : au regard de la croissance de la population et de celle de ses besoins, les ressources de notre pauvre terre sont limitées , Gaïa n’aura bientôt plus que ses yeux pour pleurer et les hommes feront de même dans la foulée.

Au 18 eme siècle , Malthus explique que la population croît selon un rythme géométrique : 2,4,8,16 etc tandis que les ressources ne le font que sur la base d’une progression arithmétique : 1, 2,3,4 etc. C’est cet écart qui conduit à la tragédie décrite dans le banquet.



En 1970, le Club de Rome et le MIT nous expliquent qu’il nous reste 28 ans de réserves de pétrole, 70 ans de fer etc

Notons que nous avons du réaliser l’exploit de remonter le temps car alors que nous devions ne plus avoir de pétrole en 1998, les réserves actuelles sont estimées à un niveau 3 fois supérieurs à celles du Club de Rome il y a 30 ans !!!



Malthus s’est trompé : il n’a prévu ni le ralentissement de la croissance démographique en occident, ni l’explosion de la productivité et des rendements : vers 1830, dans le Lot, les rendements en blé sont de 6 quintaux/hectare. Ils sont aujourd’hui parfois 15 fois plus élevés. Les revenus de la population ont augmenté de même que son espérance de vie. Il faut aujourd’hui moins de 2 actifs sur cent pour nourrir la population française et au delà. Le Banquet a bien eu lieu mais pas du tout comme l’imaginait Malthus et s’il est agité par quelques trublions , il s’agit non pas d’affamés mais de quelques canailles qui viennent, en hélicoptère, y cracher dans la soupe, après un voyage aux Maldives le ventre et le compte chèque bien remplis .



Les prédicateurs en apocalypse , grand amateurs d'exponentielles ont tout faux et ce pour une bonne et simple raison. L'exponentielle est une figure mathématique qui n'a pas sa place en économie. On sait qu'un franc ou un sesterce placés à 10% à la naissance de Jésus Christ auraient produit un capital permettant de s'approprier toutes les richesses de la terre et même au delà Cette hypothèse n'a aucun sens car contrairement aux mathématiques qui ne sont que pure théorie, l'histoire est faite de ruptures :les empires disparaissent, les monnaies avec elles mais ce n'est évidemment pas l'essentiel.



C'est ce qui rend stupide les raisonnements du Club de Rome tout comme , plus modestement ceux d'un Jacquard. Lorsque , dans un système économique, certaines grandeurs tendent à s'affoler, le système ne reste pas inerte en attendant que le nénuphar couvre l'étang : il se produit un certain nombre de tensions , sur les prix notamment qui constituent autant d'alertes. Les acteurs économiques reçoivent ainsi autant de messages qui doivent les amener, ne serait ce que dans leur propre intérêt à corriger le tir.



Prenons l'exemple du pétrole aujourd'hui : même si les prédications des marchands d'apocalypse sont exagérées (rappelons que seulement 20% des ressources d'un gisement sont, en l'état, extrait compte tenu des contraintes économiques et technologiques) il est cependant clair que la conjonction du caractère limité des ressources et de la croissance des besoins liée au développement des pays émergents ne peut que pousser les prix à la hausse.

Face à cette situation il y a deux attitudes possibles :

  • celle qu'on nous bêle tous les jours à la fin de toute publicité sur l'énergie : « l'énergie est notre avenir, économisons là » comme si les chinois , de leur côté,économisaient le pétrole !!!

  • celle qui consiste à prendre le taureau par les cornes et à financer les recherches permettant de passer à l'après pétrole,



Revenons au temps où écrit Malthus



Si Malthus avait eu la charité chrétienne qui devait coller à sa vocation(il était pasteur), il n'aurait pas proposé de chasser ceux qui se sont invités au banquet de la nature. Il aurait bêle « la nourriture est rare, économisons la » ce qui,,,,, n'aurait strictement rien résolu puisque , dans l'univers technologique et économique qu'il croit être le sien, la part revenant à chacun aurait subi une décroissance asymptotique.



La société a pris le taureau par les cornes : ce que l'on a appelé la révolution agricole a permis de multiplier les rendements dans des proportions suffisantes pour nourrir tout le monde et au delà. La révolution industrielle a, entre autres, remplacé le cheval de trait par le cheval vapeur ,infiniment plus puissant et moins coûteux. Puis est venue l'électricité qui a rendu possible des choses inimaginables alors.

Il a fallu 100 ans pour construire la cathédrale de Cologne . Il ne faudrait pas, aujourd'hui (abstraction faite des éléments artistiques comme les sculptures qui ne connaissent guère de gains de productivité) pas plus d'une année avec dix fois moins de main- d œuvre.



Pour résumer les choses , les contemporains de Malthus n'ont pas été confrontés aux exponentielles comme aux asymptotes car on est passé dans un autre univers technologique où on pouvait produire infiniment plus avec moins de moyens.

Si cela n'avait pas eu lieu, il eut fallu, pour parvenir au même résultat, multiplier les chevaux de trait dans des proportions telles que la terre n'aurait pas suffi à les nourrir : stupide !

Stupide bien sûr, sauf que les raisonnements des décroissants et de leurs comparses sont exactement calqués sur cette absurdité. Dire on va manquer de pétrole est aussi stupide que de dire on va manquer de chevaux de traits et on ne peut pas les multiplier faute de pouvoir les nourrir !

Il faut donc non pas bêtement économiser mais inventer le nouveau cheval vapeur qui va nous permettre de sortir de l'ère du pétrole !



Si les imbéciles sont en abondance qui tels les immigrés de la Révolution n'ont rien appris ni rien oublié tant comme un copié collé de Saint Thomas qui aurait beugué ils ne voient que ce qu'ils croient, il faut noter que les écologistes les plus intelligents ont parfaitement saisi que le discours sur la fatalité des exponentielles pouvait le cas échéant leur valoir l'estime et le soutien de quelques idiots utiles panurgiques et donc bêlants, cela ne pouvait constituer une assurance d'abuser longtemps l'opinion.

C'est pourquoi, à la folie des exponentielles chères à Jacquard, on a ajouté le châtiment pour injure à Gaïa : ce n'est pas le pétrole qui va manquer, ce sont ses vapeurs qui vont nous empoisonner . Pour effacer les acquis de la révolution agricole, il suffit d'accuser les pesticides de l'incidence de tous les cancers et si on pouvait même étendre leurs effets néfastes à la survenance du Sida , voilà qui ferait oublier les vilaines petites affaires d'Aides !

Il est vrai qu'au temps de Malthus, Dieu n'était pas mort qu'il était encore dans la force de l'âge et qu'il n'y avait guère de place pour lui faire concurrence sur le terrain de la charlatanerie et de la foire aux châtiments. Ce n'est plus le cas aujourd'hui malheureusement. D'ailleurs, pour illustrer notre propos, si les pesticides gênent tant, il faudrait créer des plantes transgéniques assimilant directement l'azote de l'air et disposant de systèmes de défense contre leurs prédateurs et parasites : oui mais pour cela il faudrait jeter Bové dans un cul de basse fosse, réceptacle il est vrai sans doute encore trop noble pour accueillir cette canaille



Impossible et terrible décroissance : Impossible en effet le modèle joyeux envisagé par les décroissants mais probable une descente aux enfers qui sera terrible, un retour au moyen âge, à son obscurantisme et à ses bûchers !











RIEN A ATTENDRE DES ECONOMIES ET DE LA  

PSEUDO CROISSANCE VERTE





«  L'énergie est notre avenir, économisons la » qui n'a pas dans l'oreille ce slogan qui n'est que le e- nieme petit frère de toute une suite d'autres qui , eux mêmes, ont une exquise consonance de lavage de cerveau dans un monde de totalitarisme mou.



On peut imaginer qu'à l'époque de Malthus, un autre pasteur moins cynique et plus pétri de charité chrétienne que lui , se serait posé la même question mais en posant comme principe qu'il ne fallait écarter personne du banquet. Il n'aurait eu d'autre recours que de dire la même ânerie !

Comment aurait il fait, c'est une autre affaire ! Diviser les rations des chevaux par deux ? Pas facile ! Payer quelques sans emploi pour empêcher que les rats ne mangent la nourriture des hommes et par la même occasion éliminer les chiens. Combien d'Evelyne Delhiat de l'époque auraient pu se faire une gloire en expliquant qu'il fallait faire pipi et caca au milieu des choux ou ne pas jeter le croupion de la poule au pot ? Un certain marquis de Rocard aurait sans doute proposé une vague taxe perlimpinpin chargée de mettre les poêles à frire à l'abri de la pénurie.



Bref, cette comédie, aujourd'hui comme hier ne sert à rien ou à pas grand chose d'un point de vue économique. Elle a par contre une claire utilité en matière de contrôle social : renverser la responsabilité des malheurs sur les citoyens devenus imprévoyants, imprudents ou impécunieux. Tu as une crise cardiaque : ce n'est pas parce que l'âge de la retraite a été reculé mais parce que tu n'as pas mangé cinq fruits et légumes par jour. Tu es au chômage , c'est parce que ton emploi a été victime indirecte de l'augmentation du prix de l'énergie , laquelle est largement la conséquence de ton entêtement à aller au boulot en voiture alors que tu pouvais y aller à pied. D'ailleurs tu as bien tort de critiquer les éoliennes puisqu’on a du les installer parce que tu t'évertues à ne pas éteindre la lumière dans ta salle de bain, laquelle est un gouffre pour la planète vu que tu jettes à chaque fois l'eau du bain.



Pendant que rien n'est trop beau pour Sarko, pour MAM et pour Tapie, dont l'unité de dépense est le méga-SMIC ( 280 mega-smics la salle de bain- là on peut même la jeter avec l'eau du bain) comme il y a le mega-bit , l'ADEME, et autres empaffés vous expliquent que vous êtes une criminelle cigale.

Tout ceci prépare la mise aux poubelles de l’État Providence et l'avènement de l’État Abstinence , apologie du totalitarisme dans un espace de pauvreté , chanté quand même par ses prophètes : Cochet, Hulot , Seguela et autres. La décroissance est joyeuse et votre fille sera heureuse comme bonne à Pékin



J'ai forcé le trait pour bien faire comprendre ce qui va suivre : non , il n'est pas exact qu'économiser ne serve à rien . Les économies peuvent même soutenir la croissance mais dans des conditions tout à fait inverses de ce que nous affirment ces escrocs et canailles.



Remontons aux années 70 après le premier choc pétrolier. L'augmentation du prix de l'énergie a un effet inflationniste et déflationniste : il entraîne une augmentation des prix et une amputation de revenus puisqu'une partie de ce que les gens gagnent va rejoindre les « tirelires » des émirs , cheikhs et autres rentiers du pétrole.

Or, très rapidement, l'industrie automobile pour ne prendre que cet exemple réagit. Alors que les véhicules consommaient 10 litres aux cents kilomètres on va voir apparaître , en quelques années,des moteurs beaucoup plus performants. Les petites diesel consomment aujourd'hui 5 litres aux cents !

Que se passe -t-il alors : si ces innovations n'avaient pas eu lieu, les ménages auraient pu :

- soit réduire leurs autres dépenses pour pouvoir payer le surcoût du carburant (c'est évidemment le cas pour les transports contraints comme le domicile travail) : la conséquence en est un effet d'éviction supporté par ceux qui bénéficiaient des dépenses auxquelles on doit renoncer : pour faire simple, si on doit renoncer aux vacances ou réduire les dépenses de Noël , ce sont les restaurateurs ou les marchands de jouets ou encore les marchands d’huître qui verront à nouveau leurs revenus amputés

  • soit rouler moins : on revient aux fameuses « économies » dont on nous rabat les oreilles : en tout état de cause, cela ne change pas la donne : c'est cette fois le secteur de l'énergie et celui de l'automobile qui vont supporter la crise : Bien fait diront les bobos pourfendeurs des lobbys automobiles et pétroliers ; lesdits bobos ne bossant, évidemment, ni chez Total ni chez PSA mais dans un cabinet de Com ,,,,



Mais ces innovations ont eu lieu et c'est ce qui a permis de limiter fortement le choc de la crise ( s'agissant de la France, le programme nucléaire a joué un rôle plus déterminant pour les « énergies sédentaires » c'est à dire celles qui ne servent pas à faire fonctionner les transports.)



Cependant on voit clairement la différence avec ce qui précède : les économies réalisées ont bien été un facteur de croissance mais elles ont été la conséquence et non la cause des innovations technologiques.



On peut résumer ainsi la chaîne



CRISE ET PENURIE→ INNOVATIONS→CROISSANCE



alors que le schéma antérieur est plutôt



CRISE ET PENURIE→ECONOMIES→MARASME ACCENTUE



Dans le premier cas, les conséquences négatives de la pénurie (hausse des prix et réduction du pouvoir d'achat) génèrent une réaction : on accentue l'effort de recherche pour trouver les technologies qui vont desserrer l'étau de la pénurie ( soit en diminuant les quantités utilisées (moteurs)soit en se passant du produit(centrales nucléaires)



Dans le second cas, on fait comme si la pénurie était incurable et l'appel à d'autres technologies impossible et on installe l'économie dans l'anémie)

C'est ce qui se passe aujourd'hui !

Et c’est sans doute pourquoi le sinistre Cochet nous promet la décroissance joyeuse. On se dit alors que l’on ne doit pas partager sa conception de la joie.



Ce que Cochet a , au fond, l’honnêteté de dire puisque c’est la conséquence tout à fait logique d’une analyse simplement fausse dès le départ, la plupart de ses complices le dénient allégrement. Qu’on se le dise, la croissance verte va prendre le relais d’une économie carbonisée par le carbone.





















































LA CROISSANCE VERTE N’EXISTE PAS 



La croissance verte n’existe pas pour une raison élémentaire : pour qu’il y ait croissance de manière durable, il faut que la productivité s’élève ( voir chapitre 1)



Or, la quasi-totalité des technologies dites vertes dont, en l’état, moins efficaces et moins productives que les technologies classiques.



Commençons par l’exemple de l’énergie : pendant qu’Alain Rousset (président de la région Aquitaine) et son acolyte Noel Mamere, député vert de la Gironde s’insurgent contre les entraves mises à la création d’un parc éolien , dans ce département, Bjorn Borg, universitaire danois, ancien de Greenpeace , converti à l’écolo-scepticisme commente les conséquences de la folie éolienne pour son pays le Danemark (on trouvera l’article en annexe de ce chapitre)

Voici un extrait de ce qu’il dit :

Même le Danemark a déjà essayé d'innover en matière d'énergies vertes –

il est leader mondial dans l’utilisation d'énergie éolienne. Les résultats sont peu probants. L’industrie éolienne danoise dépend presque entièrement des aides publiques, et les danois ont le prix de l’électricité le plus élevé de toutes les nations industrialisées. Plusieurs études suggèrent que les affirmations selon lesquelles un cinquième de la demande électrique danoise serait couverte par l’éolien est une exagération, en partie parce que une grande partie de la puissance est produite lorsqu’il n’y a pas de demande et doit être vendue à d’autres pays.

L’état minable des énergies éolienne et solaire montre l'ampleur du défi à laquelle nous sommes confrontés en essayant de faire de la technologie actuelle, une technologie compétitive et efficace. Des lignes électriques directes doivent être construites pour transporter l’énergie solaire et éolienne depuis les zones ensoleillées et ventées vers les zones les plus habitées. Les systèmes de stockage tels que l’énergie ne soit pas interrompue chaque fois que l'on manque de soleil ou de vent, restent à inventer



Quelques éléments d’explication d’abord : En simplifiant au maximum



La production et la fourniture d’électricité sont soumises à certaines contraintes. L’électricité ne se stocke pas comme le blé, le vin ou les voitures sauf à charger des batteries mais c’est d’un coût élevé et d’un usage limité. Elle est consommée dès qu’elle est produite.

A certains moments, la demande est à son plus bas niveau comme par exemple en juillet , par une belle journée, quand l’activité est réduite pour cause de vacances. Ce sont alors généralement, en France en tout cas, les centrales nucléaires qui fournissent l’électricité. Pourquoi ? tout simplement parce que l’on n’arrête pas une centrale nucléaire compte tenu du temps qu’il faut pour le faire et du temps qu’il faudrait pour la redémarrer

En revanche, en hiver, la demande va augmenter et il va falloir faire tourner d’autres centrales (thermiques, hydrauliques) pour fournir l’électricité. Par jour de grands froids et aux heures de pointes, la demande va connaître des pics et il faudra alors faire intervenir des centrales plus flexibles mais aussi plus coûteuses pour éviter les délestages et la crash.

A quoi sert l’éolien pendant ce temps ? L’éolien est une énergie fatale au sens où sa production ne dépend pas de la volonté des hommes mais du vent, lequel peut s’appeler Éole mais n’accourt pas quand on le siffle.

Pis ,les périodes de grands froids , où la consommation d’électricité est forte sont des périodes anticycloniques où il …n’y a pas de vent !!!

Comme le disait plaisamment un intervenant sur un forum, l’éolien c’est comme le général Grouchy à la bataille de Waterloo : quand on a besoin de lui , il n’est pas là . Construire des éoliennes, c’est, en caricaturant un peu, à peu près aussi intelligent que d’emmener un poêle à bois dans sa caravane pour partir en vacance au mois de juillet.

Les écolos ont évidemment une objection : même si l’électricité n’est pas produite au moment où on en a besoin, on peut toujours la revendre à un moment où elle est produite et où d’autres en ont besoin. Le Danemark , sous flux perturbé vend l’énergie produites aux italiens qui sont sous anti-cyclone à ce moment là. Oui, sauf que comme le souligne Lomborg, il faut pour cela construire des réseaux électriques extrêmement coûteux , d’autant plus coûteux qu’il faudra bien payer pour obtenir le silence des écolos manifestant contre la construction de telles installations comme ils le font contre la THT



On comprend dès lors , pourquoi, le prix de rachat de l’électricité produite par les éoliennes par EDF mais aux frais du consommateur soit beaucoup plus élevé que celui de l’énergie classique.



On comprends aussi en quoi l’éolien c’est de la fausse croissance puisque pour obtenir un kwh d’électricité, il faut investir plus ou, ce qui revient au même payer plus. L’argent ainsi détourné ne sera pas utilisé ailleurs ; c’est autant de demande d’autres produits qui disparaît et pour satisfaire les rêves écolos autant de chômage qui se crée ailleurs.



Le même raisonnement peut être appliqué à la voiture électrique : voilà typiquement un jouet à bobos, qui coûte cher, qui a une autonomie ridicule et qui est , de ce fait ingérable sauf sans doute à l’ADEME où le temps de travail est consacré aux palabres ou encore au conseil régional Aquitaine où Mr Rousset (le chantre des éoliennes, moulins à vent du 21 eme siècle) inflige une sanction à un agent coupable d’avoir dénoncé le fait qu’on avait une semaine pour faire un travail qui pouvait être exécuté en une heure.

Madame Royal peut toujours vouloir recycler Heuliez comme fabriquant de voitures électriques : tout cela se terminera mal, comme les projets de Madame Royal d’ailleurs !

Il n’est pas douteux que le moteur à carburants fossiles n’est pas une solution viable à terme mais l’alternative n’est pas, en l’état de la technologie , le moteur électrique. Le seul avenir de ce véhicule, sauf à recourir à des mesures contraignantes est, comme les vélos, celui d’un jouet à bobos, dont l’utilisation est cantonnée aux centres villes et facturée au contribuable, lequel ne doit sans doute pas payer assez d’impôts locaux !



S’agit il des déchets que l’on se vautre dans la caricature mais une caricature ruineuse autant qu’inutile

Lomborg, déjà cité, dans son livre, « l’écologiste sceptique » nous dit que si on stockait l’ensemble des déchets produits par les États Unis pendant tout le vingt et unième siècle, même en admettant un doublement de la population et une augmentation de la production de déchets par tête dans le canton de Woodward en Oklahoma, cela représenterait un carré de 28 km de côté et de 30 mètres de haut soit 26% de la superficie du comté et 0,009% de celle des USA : dérisoire !!!

Ceci n'est évidement qu'une image car il serait irrationnel de payer des frais de transport pour tout stocker en un seul lieu mais cela démontre que les déchets ne sont pas le problème qu'on a voulu en faire et qui coûte les yeux de la tête au citoyen pour un bénéfice que l'on peut toujours attendre. Le citoyen, comme contribuable ou simplement comme usager ou client paie des sommes énormes pour financer le tri la collecte et le traitement des déchets, le tout pour fabriquer, éventuellement, des produits que l'on peut fabriquer pour moins cher avec des méthodes conventionnelles. Et ce pour écrire sur du papier recyclé dégueulasse !!!

Les seuls à tirer bénéfice de cette situation sont des organismes parasitaires comme l'ADEME ou des entreprises qui sont un peu comme les croque-morts : les croquemorts ne vivent que parce que la législation oblige à enterrer ses morts dans un cimetière ; ces entreprises ne survivraient évidement pas si aucune taxe et aucune réglementation ne leur garantissait une activité. Voir cependant une création de richesse dans tout cela , c'est ce moquer du monde : les sommes que les citoyens auront du débourser pour financer cette activité inutile ne seront pas dépensées ailleurs : les emplois créés dans le secteur des déchets vont se traduire par des suppressions d'emplois dans d'autres secteurs : avec une différence : le citoyen devra se priver de biens et services qui lui étaient utiles pour financer des activités inutiles et parasitaires (puisqu'il existait des solutions moins coûteuses pour se débarrasser des déchets. On a la une parfaite illustration de l'histoire de la « vitre cassée » de Frédéric Bastiat !!

Prend on comme exemple le domaine agricole que la démonstration est tout aussi claire .

Les rendements en blé de l'agriculture conventionnelle dépassent les 80 quintaux hectares : ceux de l'agriculture bio étaient en 2009 de 27 quintaux, soit trois fois moins.

L'alternative est simple : soit un agriculteur bio a, pour la même surface un revenu égal au tiers de celui d'un agriculteur conventionnel soit il faut que les prix du blé bio soient trois fois supérieurs à ceux du blé classique. Si tel est le cas, il faudra bien que les consommateurs mettent la main à la poche pour acheter leur pain ou leur viande, car évidemment , les producteurs de viande auront du payer plus cher les aliments !

A moins aussi que les éleveurs et plus généralement les utilisateurs de céréales ne décident plus simplement d'importer le produit, lequel sera sans nul doute beaucoup moins cher car produit à partir de semences OGM plus productives car demandant moins d'engrais et de pesticides : il faut admettre qu'en matière d'entartage, Le Glouquier est battu !

 

A moins que l'on ne réinvente les bonnes vieilles méthodes maoïstes , staliniennes ou cubaines où, la main dans la main Cochet et Coppé pourraient supprimer ce qui reste de RTT pour envoyer les gens travailler au sarclage du maïs le temps d'un week-end end



On se dit aussi que peut être , certains bobos devant une botte de carottes véreuses ou une pomme garnie de carpocapses joufflus changeraient d'avis , eux qui avaient toujours cru que les cerises et les brocolis sortaient du chapeau de Casimir dans l'île aux enfants !



Plus vraisemblablement, nos écolos auraient enfin ce qu'ils souhaitent : un espace rural ruiné où ils pourraient enfin découvrir en VTT la vie des indigènes qui y survivent grâce aux programmes européens de soutien à la bio-diversité !



En fait tout cela est injuste et il faut reconnaître aux écolos , du moins à certains une cohérence qui n'existe pas chez d'autres que ce soit le PS ou l'UMP , Borloo ou Melenchon !

Les écolos sont les annonciateurs de l'apocalypse, les légataires universels de Dieu après son décès et son exécuteur testamentaire. Ils ne promettent pas la croissance , le bien être ou le Paradis, tout juste d'échapper aux flammes de l'enfer si on est assez sage pour accepter le Purgatoire à perpétuité.

Il n'en va pas de même des autres qui nous promettent en même temps du pouvoir d'achat et de l'écologie.

C'est un peu comme si on mettait dans le même panier une souris et un serpent en vous promettant qu'on va vous en réserver un petit !

  Ainsi en va-t-il du programme du PS , promettant de financer des emplois jeunes et quelques autres lampes d'Aladin avec la croissance retrouvée quand, dans le même temps nombre de bobos qui contrôlent ce parti(Carresche et Filipetti en sont les caricatures les plus malodorantes) annoncent la sortie du nucléaire et voudraient couvrir ce pays de panneaux photo-voltaïques ou d'éoliennes. On se pince et bien non, on ne rêve pas : ces gens la sont tellement habitués aux pince-fesses de la gauche caviar, où les petits fours arrivent du ciel portés par des anges tout roses qu'ils ont perdu tout contact avec la réalité.

Ce pauvre Sarkozy, après avoir proclamé qu'il irait chercher la croissance avec les dents a plié bagage devant les menaces d'Hulot et fait voter par des parlementaires pitoyables de bêtise le Grenelle de l'Environnement. Le Grenelle de l'Environnement, c'est un peu comme si on faisait entrer au Panthéon ceux qui faisaient brûler des sorcières, des juifs ou des chats noirs pour conjurer la Peste Noire. Encore que les faire entrer au Panthéon aurait été moins grave car ils seraient alors hors d'état de nuire !!!

Voilà un monde dans lequel il n'est pas besoin de démontrer que tel produit ou telle substance provoque le cancer : il suffit de l'affirmer ; à charge pour ceux qui auraient l'outrecuidance de contredire d'apporter la preuve du contraire si toutefois on veut bien leur donner la parole. Voilà un monde fondé désormais sur le principe de précaution , introduit dans la constitution par un président sénile , sans doute soucieux de se faire pardonner ses multiples errements et reniements !



La réalité est donc malheureusement la suivante : non seulement la mondialisation prônée par les organisations internationales et la commission européenne, soutenue par les élites politiques et la quasi-totalité des partis politiques vampirise nos économies, mais plutôt que de lutter contre le vampire, on a trouvé mieux : on administre des saignées à la même économie.

C'est ce que nous examinerons dans les prochains chapitres



















QU’ONT APPRIS LES CLIMATO-ACTIVISTES ?

Par Bjørn Lomborg

COPENHAGUE – Les partisans d’une réduction drastique des émissions de

dioxyde de carbone parlent maintenant bien moins qu’ils ne le faisaient

avant. Les propagandistes du climat ont changé d'approche après l’échec

du sommet sur le changement climatique de Copenhague en décembre

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dernier et la révélation des erreurs dans le travail du comité des Nations

Unies (le GIEC, Ndt) sur le climat, autant que pour répondre au

scepticisme grandissant et à la baisse d’intérêt du public.

Bien que certains activistes s’en tiennent toujours à des tactiques de peur

ainsi le lancement d’une publicité décrivant l’explosion de toute personne

hésitante à s'engager à réduire les émissions de carbone (le fameux 10-10

'No pressure', Ndt) – beaucoup d’activistes passent maintenant plus de

temps à mettre en valeur les "bénéfices" de leurs recommandations

politiques. Ils ne s’éternisent plus sur la catastrophe climatique imminente,

mais insistent sur l’aubaine économique qui résultera de l’adoption d’une

économie "verte".

Vous pouvez trouver des exemples partout dans le monde, mais l’un des

meilleurs est celui de mon pays, le Danemark où un comité

d’universitaires nommé par le gouvernement a récemment présenté ses

suggestions sur la façon dont le pays pourrait s’affranchir des "carburants

fossiles" en 40 ans. Le but est à couper le souffle : plus de 80% de la

fourniture d’énergie du Danemark est issue de combustibles fossiles, qui

sont considérablement moins chers que n’importe quelle source d’énergie

verte.

J’ai participé au lancement du comité et j'ai été surpris de voir que cette

"Commission climatique" n’ait pratiquement pas mentionné le changement

climatique. Cette omission est compréhensible, dans la mesure où un pays

agissant seul ne peut pas grand chose pour stopper le réchauffement

climatique. Si le Danemark devenait réellement 100% indépendant des

combustibles fossiles d’ici 2050 et s’y tenait pour le restant du siècle,

l’effet en 2100 serait de retarder la montée de la température moyenne

globale d’exactement deux semaines.

Au lieu de se focaliser sur le changement climatique, la Commission

climatique vantait les bénéfices que le Danemark connaîtrait s’il se tournait

vers les énergies vertes. Malheureusement, à l’examen, ces bénéfices

s’avèrent être une illusion.

Le fait d’être un pionnier est rarement une garantie de richesse.

L’Allemagne est le leader des panneaux solaires, subventionnés à la

hauteur de 47 milliards d’euros. Il en résulte une facture énorme, et un

paquet de matériel solaire inefficace recouvrant les toits dans un pays

relativement peu ensoleillé, et fournissant un maigre 0,1% de

l'approvisionnement total en énergie.

Même le Danemark a déjà essayé d'innover en matière d'énergies vertes –

il est leader mondial dans l’utilisation d'énergie éolienne. Les résultats sont

peu probants. L’industrie éolienne danoise dépend presque entièrement des

aides publiques, et les danois ont le prix de l’électricité le plus élevé de

toutes les nations industrialisées. Plusieurs études suggèrent que les

affirmations selon lesquelles un cinquième de la demande électrique

danoise serait couverte par l’éolien est une exagération, en partie parce

que une grande partie de la puissance est produite lorsqu’il n’y a pas de

demande et doit être vendue à d’autres pays.

L’état minable des énergies éolienne et solaire montre l'ampleur du défi à

laquelle nous sommes confrontés en essayant de faire de la technologie

actuelle, une technologie compétitive et efficace. Des lignes électriques

directes doivent être construites pour transporter l’énergie solaire et

éolienne depuis les zones ensoleillées et ventées vers les zones les plus

habitées. Les systèmes de stockage tels que l’énergie ne soit pas

interrompue chaque fois que l'on manque de soleil ou de vent, restent à

inventer.

Les adeptes de la réduction du carbone arguent que les technologies de

l’énergie verte ne coûtent plus cher qu’en apparence, car le prix des

combustibles fossiles ne reflète pas le coût de leur impact sur le climat.

Mais l’admettre ne ferait que peu de différence. L'étude économique la plus

complète montre que le total des impacts climatiques futurs justifierait une

taxe de 0,01€ par litre de pétrole ($0,06 par gallon aux USA) – un montant

noyé dans les taxes déjà appliquées dans la plupart des pays européens.

En dépit du fait que le passage des combustibles fossiles aux énergies

vertes nécessite une mutation économique totale, la Commission

climatique du Danemark a prétendu que le coût final serait proche de zéro.

La Commission est arrivée à cette conclusion en présumant que la non

adoption de la politique qu’elle recommande aurait un coût massif.

La Commission croit que dans les quatre prochaines décennies, le prix des

combustibles fossiles augmentera fortement, du fait de l'épuisement des

ressources et de lourdes taxes gouvernementales sur les combustibles

fossiles. A l’évidence, il y a du charbon à bas prix pour des centaines

d’années, et avec les nouvelles technologies de cracking, le gaz va

devenir plus abondant. Même les ressources en pétrole vont probablement

être augmentées significativement grâce aux sources non conventionnelles

telles que les sables bitumineux.

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17 commentaires

Mercredi

20 octobre

2010

De même, la prédiction selon laquelle les gouvernements appliqueraient des

taxes carbone importantes est en réalité peu fondée. S’appuyer sur de

telles affirmations pour bâtir une politique sérieuse est peu crédible et

semble ignorer le coût substantiel de l’élimination des combustibles

fossiles, lequel pourrait se monter à 5% du PIB par an au bas mot.

S’affranchir des combustibles fossiles ne sera pas facile. Les décideurs

politiques doivent donner la priorité aux investissements en recherche et

développement dans les énergies vertes. Essayer d’imposer la réduction du

carbone au lieu d’investir d’abord dans la recherche, c’est mettre la

charrue avant les boeufs. Les percées ne résultent pas automatiquement

d’une combinaison de taxes sur les combustibles fossiles et de subventions

pour les énergies vertes actuelles : en dépit des dépenses massives

associées au Protocole de Kyoto, les investissements en R&D des pays

participants n’ont pas augmenté en termes de pourcentage du PIB.

Changer de message après le désastre du sommet de Copenhague était

probablement inévitable. Mais le changement véritablement nécessaire

serait d’admettre que les réductions rapides et drastiques des émissions

de carbone sont une piètre réponse au réchauffement climatique – quelle

que soit la façon dont elles sont présentées.

Bjorn Lomborg est l’auteur de The Skeptical Environmentalist et de

Cool It, directeur du groupe d’expert Copenhagen Consensus

Center, et professeur adjoint à la Business School de Copenhague.

• • • • •

Eolien en mer : la Documentation française.

Sur le seul fabricant français d'éoliennes, voir .

Sur la grogne, allez ici.

Les projets en Bretagne.









²

 

LA CROISSANCE EST RONGEE

 

 

 

 

Dans les trois chapitres qui suivent, il sera montré comment nos économies sont clairement et sciemment vampirisées à la fois de l'extérieur et de l'intérieur et comment se met en place , sur le cadavre de l’État Providence, un État Abstinence qui n'est que l'instrument du totalitarisme en marche

La vampirisation extérieure est celle qui résulte de la mondialisation

La vampirisation intérieure est celle qui résulte de la mise en place de normes empêchant progressivement toute activité économique au nom du principe de précaution,

 

 

LA VAMPIRISATION EXTERIEURE

 

La mondialisation n'est pas nouvelle mais elle relève aujourd'hui d'une nature qui est sans commune mesure avec ce qui a pu advenir dans le passé.

 

Rappelons d'abord quelques faits : en 1950, l'écart entre les USA et l'Europe , ruinée par la guerre est, en termes de revenus par tête , considérable : de l'ordre du simple au double. En 1970, quand les USA doivent annoncer la non-convertibilité du dollar en or , il s'est réduit au point que les niveaux de vie sont pratiquement à parité. Depuis , le gap s'est à nouveau creusé.