la croissance est rongée: la vampirisation externe

                                                                               LA CROISSANCE EST RONGEE

 

 

 

   Dans les trois chapitres qui suivent, il sera montré comment nos économies sont clairement et sciemment vampirisées à la fois de l'extérieur et de l'intérieur et comment se met en place, sur le cadavre de l'Etat Providence, un Etat Abstinence qui n'est que l'instrument du totalitarisme en marche

   La vampirisation extérieure est celle qui résulte de la mondialisation

   La vampirisation intérieure est celle qui résulte de la mise en place de normes empêchant progressivement toute activité économique au nom du principe de précaution,

 

 

                                                                               LA VAMPIRISATION EXTERIEURE

 

   La mondialisation n'est pas nouvelle mais elle relève aujourd'hui d'une nature qui est sans commune mesure avec ce qui a pu advenir dans le passé.

  

   Rappelons d'abord quelques faits : en 1950, l'écart entre les USA et l’Europe, ruinée par la guerre est, en termes de revenus par tête, considérable : de l'ordre du simple au double. En 1970, quand les USA doivent annoncer la non-convertibilité du dollar en or, il s'est réduit au point que les niveaux de vie sont pratiquement à parité. Depuis, le gap s'est à nouveau creusé.

  L'Europe a, en effet connu les Trente Glorieuses, période de forte croissance, sur les causes desquelles les économistes continuent de se chamailler : certains mettent en avant l'ouverture des frontières et le développement du commerce international, d'autres les effets de la création d'un véritable marché commun abrité par des préférences tarifaires. Le passage d'une population agricole encore nombreuse dans le secondaire, à productivité plus élevée et bénéficiant des technologies de la seconde révolution industrielle y est sans doute pour quelque chose : on ne tranchera pas ici.

 Il est , en revanche, certain, que cette longue embellie des économies du vieux continent prendra fin d'abord avec le premier choc pétrolier puis de manière plus structurelle avec la mise sur orbite de sous-développement durable des économies européennes à partir du milieu des années 80 : l'Europe, n'en déplaise aux euro-béats a alors changé de nature : elle devient un monstre gangréné par la logique libre-échangiste et les internationales vertes : ce monstre que décrit Boukhovsky l'ancien dissident soviétique quand il la compare à l'URSS.

 

Dans les années 70, le Japon, puis les Tigres asiatiques, font peur : des taux de croissance flirtant avec les deux chiffres, une agressivité commerciale sans pareil au service d'un accroissement commercial du niveau de vie : celui des pauvres coréens a été multiplié par 50 en cinquante ans.

Mais les dégâts relèvent plus de la blessure d'amour propre que d'une atteinte irrémédiable à l'économie.

A côté, les grands dinosaures sont toujours en plein sommeil : l'URSS connait progressivement une paralysie de son économie que seule masque sa puissance militaire ; la Chine n'en finit pas de massacrer la sienne au son des élucubrations maoïstes successives, l'Inde est en sommeil prolongé.

 Pour autant, les économies occidentales commencent à être rongées en commençant par l'industrie : le textile, la chaussure disparaissent progressivement du paysage industriel : pas grave, dit-on, ce sont des industries de main d'œuvre, donc à faible productivité. Mais c'est bientôt la sidérurgie qui est touchée et l’atteinte, en termes symboliques est plus douloureuse. Vient ensuite la petite électronique, les appareils ménagers,

 

Une théorie assez consternante se fait alors jour qui sera reprise par Clinton même dans les années quatre-vingt-dix. Tout cela n'est pas grave : ces pays imbéciles et frustes sont en train de s'emparer des industries de main d'œuvre, les moins productives mais aussi les plus polluantes mais tel Astérix, toujours plus malin que les autres , nous allons conserver le High tech à haute valeur ajoutée. Nous paierons ainsi leurs produits avec des pièces jaunes tandis que nous leurs facturerons les nôtres en gros billets !!

 Double et grotesque erreur :

 

  -D'abord, en regardant ces pays avec l'œil plein de commisération et de mépris du bwana blanc , on n'a pas vu que les dits pays avaient aujourd'hui une main d'œuvre éduquée et capable de faire de l'informatique largement aussi bien que l'américain de base persuadé que le président de la Finlande s'appelle Santa Claus ! Résultat : il n'existe aujourd'hui aucun domaine dans lequel nous ayons une avance décisive et définitive. Les Chinois sont allés dans l'espace ; ils fabriqueront demain les avions, les TGV et les centrales nucléaires que nous leurs vendons aujourd'hui ! Pis ; ils les fabriqueront à meilleur marché car la Chine ne s'embarrasserait pas d'un Nicolas Hulot, hélicologiste de luxe vendant aux politiques la ruine de notre économie !

 

-En second lieu, ceux qui faisaient ce type d'analyse défendaient volontiers cette bobotique idée selon laquelle nos économies allaient devenir des économies de services. En voilà une idée qu'elle est bonne comme disait le regretté Coluche !

C'était un peu oublier une des règles fondamentales de l'économie que l'on peut énoncer ainsi sous forme de trois propositions :

1, Pour qu'une économie fonctionne durablement elle soit être ouverte raisonnablement sur l'extérieur : on ne connait aucun exemple d'économie autarcique qui ait été une économie prospère et ce pour des raisons élémentaires : la France n'ayant pas de pétrole elle doit choisir soit d'en acheter soit de remettre l'économie au régime cheval vapeur,

2 Pour qu'une économie ouverte sur l'extérieur fonctionne durablement, elle doit exporter pour couvrir ses importations sauf à s'endetter ce qui ne saurait durer sans grands dommages. Elle est, toutes proportions gardées, dans la situation d'un individu ou d'un ménage qui pour continuer à faire ses courses au magasin doit avoir un revenu

3, Le problème est que, si les produits industriels ou les matières premières dont agricoles constituent le gros des échanges, les services s'importent ou s'exportent relativement peu :

  -soit parce qu’ils sont des services non marchands, par définition auto consommés : le travail du policier, du pompier, de l'infirmière ou de l'instituteur ne s'exportent pas.

  -soit parce qu'ils sont des services marchands de proximité (commerce, professions libérales.)

Les rares services exportables sont ceux de la finance, du conseil, du software informatique, des brevets...

  On l'aura vite compris : les Chinois sont peut être prêtes à acheter du cognac mais certainement pas des services à la personne comme ceux consistant, pour l'ADMR, à aller torcher madame Perdrichon à son domicile. En revanche, pour l'informatique et les brevets, ils doivent bien être capables de se débrouiller sans nous. Et pour ce qui est des royalties locales à verser aux Beatles, la SACEM locale n'a pas besoin de conseils.

 

Il en résulte que les économies occidentales se sont désindustrialisées et qu'ayant perdu leurs capacités exportatrices, elles accumulent les déficits commerciaux.

Tout cela ne pourra évidemment continuer indéfiniment car pour reprendre l'exemple de notre individu qui continue à faire ses courses à crédit, il arrive un moment où il faut solder les comptes mais nous y reviendrons.

 

La mondialisation vampirise les économies des pays occidentaux mais plutôt à la manière d'une araignée, anesthésiant sa proie pour mieux la dévorer.

 

Une question importante surgit en effet : pourquoi les peuples se sont ils ainsi laissés faire. Cette question est à réponses multiples mais, si on s'en tient à la sphère strictement économique, deux phénomènes ont contribué à atténuer fortement la douleur de la désindustrialisation.

 

D’abord, la mondialisation  a été acceptable car elle a réduit fortement le prix de certains produits  de première nécessité dès lors qu'ils étaient importés. Le cas typique est celui des vêtements : A la condition de ne pas être trop snob, on peut aujourd'hui trouver des jeans à 10 euros au supermarché du coin. Plus généralement, le « made in China » a envahi les rayons et propose toute une gamme de produits deux à trois fois moins chers que ne le sont les produits européens ou américains qui ont survécu au tsunami.

Dans un autre domaine, le prix des voyages internationaux a baissé et au lieu de prendre ses vacances à Pornichet ou au Cap d'Agde et de devoir payer le prix des services locaux, on peut trouver beaucoup moins cher de l'autre côté de la Méditerranée, à Cuba ou en Thaïlande. Au surplus cela donne au consommateur occidental le plus beauf un sentiment de revanche sur la décolonisation : il peut à nouveau se faire servir par des locaux payés au lance-pierre !!!

Il faudrait calculer la part des budgets des ménages qui a été ainsi allégée par la mondialisation : elle est variable mais certainement pas négligeable et a pu compenser, partiellement, certaines augmentations sur d'autres postes.

 

En second lieu, les effets dévastateurs de la mondialisation ont été grandement compensés par l'endettement croissant des Etats occidentaux. Confrontés, somme toute, à un appauvrissement de leurs économies qui perdaient leur pouvoir de création de richesse, les Etats ont différé l'ajustement   en injectant du déficit public.

Le déficit public n'est en fait que la contrepartie du refus de voir amputés les revenus individuels. Un ménage qui perd une partie de ses revenus peut choisir de réduire ses dépenses à due concurrence ou d'emprunter. Les Etats ont fait la même chose : au lieu de réduire les salaires des fonctionnaires ou les aides diverses et variées qu'ils donnent aux citoyens, ils se sont endettés. Ceci a permis de conserver un certain niveau de dépenses. Les bénéficiaires directs de ces revenus ont pu continuer à remplir leurs caddies à Carrefour ou Leclerc, à faire appel aux artisans du coin pour rénover leur maison, à prendre des vacances, à faire des sorties en voiture etc., toutes choses qui ont contribué à maintenir le revenu des commerçants, artisans, professions libérales ; bref, tout ce petit monde dont l'activité procède du marché mais n'est pas exposées aux vents mauvais de la mondialisation.

 

Fort bien dira-t-on sauf que tout cela est terminé ou sur le point de l'être :

 

Les Etats sont invités à réduire leurs déficits par tous les flics que compte la planète : le FMI, l'OCDE sans oublier la Commission européenne, la bonne marraine qui a revêtu les habits de Folcoche. Les Grecs, les Portugais, les Irlandais en ont fait les premiers les frais sans parler des Hongrois et autres Lettons. Va venir le tour des Espagnols, des Italiens, puis des Français. Les Allemands avaient anticipés en transférant les charges des entreprises sur les salariés (ils ont donc payés par anticipation) et pour le reste ce ne sera que partie remise. Pour réduire la dette on a commencé par tailler dans les charges de l'Etat en supprimant des fonctionnaires ou en réduisant les allocations. On va bientôt tailler dans les revenus et en même temps augmenter les impôts ce qui aura d'ailleurs pour effet d'aggraver la crise.

Les Etats Unis sont dans la même situation à ce détail près que ce sont les Chinois qui leurs ont prêté en achetant massivement des titres émis par le Trésor américain. C'est le jeu de la barbichette que chacun a intérêt à poursuivre sans se relâcher sauf à se retrouver dans une situation difficile : perte de capital pour les Chinois, robinet coupé et austérité pour les américains. Mais cela ne changera rien au problème fondamental qui est que l'Amérique s'étant désindustrialisée, elle n'a plus les moyens d'assurer son niveau de vie.

 

Cela, c'était pour les déficits, mais une seconde gifle se profile: les prix bas qui avaient anesthésié la victime commencent à être dernière nous : la mondialisation et le développement des pays émergents qui en est le corollaire signifie pression croissante sur la demande de matières premières et donc explosion de leur prix : on l'a vu pour le pétrole, on l'observe sur un nombre croissant de produits à vocation alimentaire ou industrielle. Si on ajoute que dans les pays du Sud, la forte croissance génère des salaires plus élevés, il est peu probable que ceux qui ramassent le café à la main continuent longtemps à se faire payer par Jacques Vabre avec un lance-pierre !

D'ailleurs, dans cette affaire, les média imbéciles capables de soutenir une chose et son contraire devraient être plus mesurés quand ils regrettent la surévaluation de l'Euro : combien paierait on l'essence à la pompe s'il ne valait pas un dollar quarante mais 80 cents comme ce fut le cas il n'y a pas longtemps. De toute manière, qu'ils se consolent : la valeur extérieure d'une monnaie révèle la richesse de l'économie qu'elle représente et on ne maintiendra pas longtemps une surévaluation qui n'est qu'une fiction.

Conclusion : les deux anesthésiants qui avaient fait oublier que la plaie infligée au malade était béante ne font plus effet et le moment est venu d'une douloureuse agonie.

 

C'est, au passage, ce qui rend grotesque les élucubrations de nos bouffons politico-médiatiques. On avait déjà entendu Sarkozy annonçant qu'il irait chercher le pouvoir d'achat avec les dents : on a vu le résultat. Ses acolytes et minables serviteurs comme Bertrand ou Lagarde nous annoncent tout de go que la croissance repart et que le bonheur sera bientôt non pas dans le pré mais dans le Caddie. Hervé Morin, après s'être vautré dans la collaboration sarkoziste déclare dans un torchon baptisé bouquin qu'il ne faut pas prendre les français pour des imbéciles : il suffit de le regarder pour mesurer qu'il sait de quoi il parle.

La gauche n'est pas en reste qui collabore avec les fossoyeurs de la croissance comme Hulot mais continue de promettre des lendemains qui ne déchanteront pas trop. Le plus fantastique, à cet égard, est sans doute Mélenchon, apôtre, à la fois de l'écologie et d'une croissance des revenus prolétariens, bref artiste inégalé de la synthèse impossible qui ne peut devoir autant de talent qu'au fait d'être le fils naturel de Georges Marchais et de Groucho Marx !

 

Commentaires (2)

1. DorothyTooVa 17/07/2017

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